7 milliards (d'exploités) et quelques (exploiteurs)

La barre statistique des 7 milliards d'humains sur ce grain de poussière que l'on appelle Terre a été franchit ce lundi 31 octobre 2011. 7 milliards d'humains qui ne cessent de se défier, de se déchirer, de s'étriper pour quelques futilités territoriales, idéologiques, religieuses, et surtout pécuniaires.

Pourtant avec des prévisions démographiques de 9 milliards à l'aune de 2050, et plus de 10 à l'horizon 2100, l'humanité doit collectivement prendre des décisions qui ne relèvent pas moins de sa propre préservation :

Se nourrir n'est pas un défi insurmontable sauf à laisser les spéculateurs continuer à faire flamber les prix des denrées alimentaires et ne pas permettre une juste répartition.
Entre surconsommation et surproduction d'un côté et sous-alimentation d'un autre, l'agriculture actuelle pourrait largement permettre à la population mondiale de se nourrir si les circuits de l'agro-alimentaire n'étaient pas parasités par les transactions financières. Paradoxe d'autant plus déplorable que la majorité des actifs sur la planète sont des paysans ou travaillent dans le secteur agricole (45% de la population active) tout en restant ceux qui souffrent le plus de la faim.
Le défi agro-environnemental n'en reste pas moins incertain puisque cette production dite « intensive » est fortement polluante et doit donc impérativement laisser la place à une production raisonnée (sans pesticides, engrais et autres OGM) et donc moins productive (rendement moindre à l'hectare) tout en permettant d'alimenter les 9 milliards d'êtres humains d'ici à 2050. En privilégiant la production locale, en améliorant ses techniques non agressives (contre l'environnement) et recréant des systèmes réellement coopératifs (comme à la fin du XIXème siècle en France, aujourd'hui devenus plus ou moins l'anti-chambre de la spéculation) des solutions existent. Mais ces solutions vont évidement à l'encontre des intérêts très particulier de l'industrie agro-alimentaire et de leur bras politique que sont les gouvernements. Maintenir le peuple en état perpétuel de famine est bien plus confortable pour garantir son emprise sur lui et un pouvoir oligarchique !

Se loger dans des logements salubres n'est pas une ambition irréaliste si l'honnêteté de chacun et le bon sens de nos gouvernants offraient une alternative à chaque mal-logé de ne pas s'embourber dans des méga-cités délabrées ou des bidonvilles construit à la périphérie des métropoles. L'explosion des prix du logement – passé du simple au double en 10 ans – ont poussé bon nombre de familles à s'abriter sous des habitats de fortunes, dans des hôtels miteux, ... quand elles ne se retrouvent pas directement expulsé dans la rue (même avec le répit de la trêve hivernale débuté ce 1er novembre).
Selon l'ONU plus d'un milliard d'individus vivraient dans des bidonvilles et des taudis à la périphéries des villes de par le monde, dans des conditions de précarité et d'insalubrité indignent de notre époque pourtant hyper-aseptisée dans ses centres villes. Ce nombre pourrait passer à 3 milliards d'ici à 2050, c'est à dire passer de 14% actuellement (6,2% dans les pays dit développés) à 33% (un tiers du monde) !
Nos dirigeants eux laissent leurs amis propriétaires poursuivre leur enchères sur la crise du logement qui connaît partout dans les grandes métropoles des augmentations vertigineuses. Ainsi il y a 30 ans, un ménage moyen consacrait 10% de son budget à son habitat contre 40% (en moyenne) aujourd'hui. N. Sarkozy a eu beau avoir fait mine d'afficher une volonté de ne laisser aucune personnes sans toit en faisant passer au début de son mandat la fameuse loi « DALO » (Droit Au Logement Opposable), elle n'est dans la pratique pas ou si peu appliquer que les mal-logés en France continus à progresser de manière plus qu'inquiétante. Là encore des solutions existent comme l'on fait médiatiser un certain nombre de militant(e)s ; réquisition des logements vides, construction de logements sociaux dans toutes les communes, régulation des prix des loyers, arrêts des expulsions même en été (il y a des moyens pour d'aider les plus en difficultés), déconcentration urbaine, … et autorisation de squatter comme principe constitutionnel !
Quand à L. Wauquiez il a récemment proposé de réserver une part des logements sociaux aux salariés – les « bons » pauvres, serviles – Les « mauvais » pauvres (les chômeurs) n'ont sans doute qu'à crever sous les ponts.

Se soigner sans discrimination avec les techniques et les traitement les plus efficaces devraient être une évidence depuis que le célèbre médecin grec Hippocrate (460 av. JC) a énoncé son fameux serment. Pourtant de plus en plus de pauvres renoncent ou retardent les soins nécessaires à leur santé dans le pays vanté comme « modèle » en matière de santé. Pire des lois discriminantes contre les étrangers limitent de plus en plus leur accès aux soins et les condamnent inéluctablement à une santé précaire, accélérant de plus le retour d'épidémies éradiquées depuis plusieurs dizaines d'années.
En France, les lobbies de la médecine libérale refusent de se voir imposer une répartition équilibrée de leurs praticiens sur l'ensemble du territoire, pourtant nécessaire pour combler les déserts médicaux. Mais n'hésitent pourtant pas à faire régulièrement augmenter le tarif de base de leurs consultations (bien plus rapidement que le RSA), augmentation qui est répercutée sous forme de franchises à la charge donc des patients devenus clients – Ne parlons même pas des dépassements d'honoraires qu'ils font supportés à leur dociles patients qu'ils sélectionnent volontiers au porte-monnaie, le patient CMU n'ayant qu'à aller se faire pendre aux urgences hospitalières, débordées. Ces fonctionnaires masqués (leurs revenues dépendent essentiellement des cotisations à la sécurité sociale) n'assurent plus depuis des lustres la mission de service publique à laquelle ils devraient être tous sans exception astreint.
Aux États-Unis, Obama s'est fait caricaturé de nazi/communiste (au choix) lorsqu'il a voulu imposer un système de santé un peu plus solidaire, et pourtant encore très libéral. Dans les pays les plus défavorisés, la santé est l'affaire des ONG qui pallient à l'urgence faute de moyens et de médicaments que l'industrie pharmaceutique verrouillent avec des brevets « génocidaires ». Un refus d'abandonner ce principe de brevets sur les médicaments et c'est les ¾ de la population mondiale qui se retrouvent sans les soins élémentaires – Soins pourtant indispensables pour survivre, se protéger des infections, maladies, malformations, …
Les scandales récents de cette industrie (à commencer par Servier) ont permis à nos dirigeants de justifier l'accélération du processus de déremboursement des médicaments qualifiés « de confort » au détriment des malades chroniques (le plus souvent) devant gérer les conséquences de traitements lourds ; anti-douleurs, anti-vomitifs, … et la crise de taxer les mutuelles auxquelles beaucoup de potentiels malades ont déjà renoncé augmentant encore les cotisations à ces assurances privées.
Riches et pauvres, nuls n'est à l'abri de devoir en appeler à la solidarité en matière de santé, les soins étant de fait de plus en plus coûteux (même pour les moins modestes), un minimum d'humanité devrait nous faire converger vers une santé gratuite pour tous !

S 'éduquer pour comprendre le monde, ses enjeux, sa propre place individuel au sein de ses 7 milliards de semblables, et participer à l'élaboration d'une société plus juste.
Alors que près de 50000 jeunes sortent du système éducatif français sans qualification, dans le monde c'est près 100 millions d'enfants de 6-10 ans qui ne sont même pas scolarisés. La crise ne favorisant pas une amélioration de la situation, les petites mains pouvant contribuer à subvenir aux besoins des familles tout en faisant le pain blanc des exploiteurs. En France, la dette est le prétexte tout trouvé pour diminuer les ambitions d'instruction de chers têtes blondes et mettre en place une politique utilitariste de l'école en promouvant l'apprentissage (une autre forme d'exploitation et de précarisation – il faut s'y habituer le plus tôt possible).
Mais nos dirigeants le savent, une personne éduquée c'est un révolutionnaire potentiel qui risque de renverser leur pouvoir !

Le G20 qui a réunit une fois de plus une poignée de chefs d'état qui ne se représentent qu'eux même n'a que faire de ses mièvreries misérabilistes et prolétariennes. Il fait tout pour éviter l'auto-destruction de la finance mondiale, poussé par les lobbies de l'agro-alimentaire, de l'industrie du médicament, de l'armement, … qui ne sont jamais rassasiés de profits toujours plus extravagants, creusant chaque jour plus profondément les inégalités déjà abyssales entre les 1% les plus riches et les 99% restant de la population mondiale.
La mondialisation libérale a confisqué l'idéal internationaliste de la solidarité. Il faut ici et maintenant construire une planétarisation de la communauté humaine pour que chaque individu puisse s'épanouir librement tout en étant assuré de la solidarité de ses congénères... si nous voulons survivre, si nous voulons préserver « orgueilleusement » notre propre espèce.


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