Le mandat de #Hollande s'achève et jusqu'à dimanche dernier (23 avril 2017) tout le monde s'en réjouissait. La gÔche frondeuse ou macroniste n'avait pas de mots assez durs à son encontre, parfois plus violente que l'opposition droitière conservatrice ou extrémiste.

On se sera beaucoup défoulé contre le président qui se présentait pour "renormaliser" la fonction présidentielle, oubliant très vite les années agitées du #Sarkozysme.

Puis le temps des élections présidentielles est venu ... De primaires en aventure solitaire, cette soit disant rencontre d'un homme avec un peuple est surtout l'occasion pour les candidats de gonfler leur égocentrisme, d'assouvir leur soif de pouvoir. 

En 2002, à peine les résultats du premier tour étaient annoncés que des centaines de milliers de personnes descendaient dans la rue refusant d'être représenter par celui qui avait fondé son parti sur les cendres du pétainisme. Dimanche soir, rien de tout cela, l'accession au second tour de #LePen n'a suscité aucun émoi particulier, pire c'est la quatrième place de #Mélenchon qui attristait les progressistes - refusant le verdict des urnes qui le plaçait derrière #Fillon.

En 2002, spontanément #Mélenchon appelait à voter #Chirac pour faire barrage au Front National. En 2017, le perdant ne digère pas sa défaite et refuse d'appeler explicitement à voter pour #Macron. Alors que l'on pouvait s'attendre au #NiNi du revanchard juqu'au-boutiste #Fillon, c'est de la rue qu'est venu cette position inconcevable il y a 15 ans ... Des mélenchonistes qui avaient miser tout leurs espoirs dans le candidat du Front de Gauche !

Et c'est bien le problème de la Vème république, et plus largement les limites des principes de notre démocratie. Les élections constituent un rendez-vous politique pas un processus démocratique continu "Votes et Fermes ta G..." !  L'élection présidentielle, en France, constitue elle, le summum du culte de la personnalité. Non, ce n'est pas le programme qui fait l'élection, mais bien la personnalité du candidat. Il ne faut pas être fin observateur de la vie politique pour se rappeler que au soir de l'élection les engagements sont jeter à la poubelle et au-delà de quelques mesurettes symboliques la"real" politique reprend le dessus.

J'ai toujours trouvé ridicule la personnification de cette élection, et les espoirs absurdes que les militants y mettaient. Renouant avec mes racines libertaires, je n'ai choisi personne dimanche dernier, je n'ai pas voté. Je ne rejette pas fondamentalement les élections, j'y souscrirais même plutôt si le mandat impératif et révocable était la règle.

Cependant, à celles et ceux qui considèrent que Macron = Le Pen, je leur rappelle que si Macron est le fils politique de Hollande, Le Pen est la fille naturelle du fondateur du Front National, condamné à plusieurs reprises pour ses positions révisionnistes. Que si Macron est l'ami des banquiers, Marine Le Pen n'est né ni dans une banlieue dévastée par le chômage ni dans un coin reculé de la France et oublié par l'élite dirigeante parisienne.

Lire le communiqué de la Fédération Anarchiste

L'un comme l'autre protégeront très clairement les plus privilégiés, et garderont leur mépris à l'égard des classes les plus modestes. La différence, c'est que l'héritière d'extrême droite espère appuyer son pouvoir en opposant les plus défavorisés entre eux. Pour Marine Le Pen il y a dans les classes populaires ceux qui seraient légitimes "les vrais français" contre ceux que l'on doit exclure de la société (de la France) ; les migrants, les musulmans, ... les jeunes des quartiers supposés "tous" délinquants. Le principe du diviser pour mieux régner dans toute ses basses œuvres !

Je n'ai jamais cautionné le candidat des insoumis, perclus d'égo, il incarnait l'inverse de son programme. Non, la VIème république qui naîtrait d'une constituante ne serait pas progressiste mais conservatrice et bourgeoise si elle se veut représentative des suffrages exprimés lors des dernières élections. Faut-il se rappeler que la révolution de 1789 à remplacer la classe dirigeante aristocrate par la bourgeoisie ! En 1917, les bolchéviques promettaient de rendre le pouvoir au peuple russe après leur accession au pouvoir, on connaît la suite ... On sait difficilement si le refus de #Mélenchon d'appeler clairement à voter pour #Macron et mécaniquement faire barrage à #LePen est une réaction purement revancharde, comme celle d'un enfant qui frustré de ne pas avoir obtenu le jouet qu'il convoitait ou une tentative de laisser passer la candidate frontiste pour faire surgir un "grand soir" fantasmé !

#Macron doit prendre la mesure du rejet qu'il suscite. Une bonne part des voix qu'il obtiendra ne seront pas des voix d'adhésion, mais des bulletins glissés dans l'urne pour faire barrage au FN. Il serait donc tant que le candidat d'En Marche donne des gages "sociaux" à sa gauche et abandonne l'idée de gouverner par ordonnances surtout pour réformer le code du travail !

Mais sans état d'âme, je voterai #Macron dimanche parce que le pays des droits de l'homme ne peut être gouverné par la discrimination et dans la peur !

La défense du progrès social n'est pas linéaire et ne s'arrête pas avec les élections. Il n'y a pas de changements à attendre dans le centralisme qu'il soit d'état ou syndical. Le fondateur du mouvement En Marche poursuivra la politique que l'on subit depuis plusieurs dizaine d'années, on sait donc sur quoi on pourra lutter. La populiste Marine nous enlèvera pour de nombreuses années les espoirs de liberté, d'égalité et de fraternité, j'y ajouterai la solidarité pour laquelle les électeurs de Jean-Luc Mélenchon se sont bougés !

L'Europe n'est sans doute pas ce qu'espérait ses fondateurs, mais elle reste le seul horizon pour la paix ! Elle devra réorienter son action politique contre une finance prédatrice et vers une plus grande protection des plus fragiles. Et à ceux qui doutent encore, penser bien que Thomas Pesquet, du haut de l'ISS ne voit pas les frontières de l'Europe ou des pays d'où viennent les migrants qui fuient la misère et la guerre. Il voit une planète belle et fragile que l'Homme doit préserver ensemble pour ne pas sombrer dans sa propre déchéance.

Ci-dessous un article jamais publié, que j'avais écrit il y a un peu plus d'un an. Si #NuitDebout a sans aucun doute été le catalyseur des #Insoumis, le mouvement qui rejette à juste titre la marchandisation des individus, des services publiques, ... ne peut s'exonérer de sa responsabilité de laisser la candidate de l'exclusion, du rejet de l'autre, du repli sur soi, du populisme discriminatoire accéder au pouvoir car il n'y aura pas de révolution !


Nuit Debout, 53 mars 2016, Place de la République, Paris

Nuit Debout, 53 mars 2016, Place de la République, Paris 

J'ai passé environ 1 h 00 sur la place, mais ce qui m'a le plus surpris c'est la discipline des participants qui écoutaient religieusement les interventions - c'est à dire sans débat, ni invective des uns et des autres comme je l'ai toujours connu dans mes pérégrinations militantes. Ceux qui veulent prendre la parole lève sagement la main (comme à l'école ...), je n'ai jamais vu ça même dans des assemblées très disciplinées !?
Les sujets étaient ceux classiques que l'on retrouve dans ce genre de mouvement ; féminisme, migrants, ... Non, il n'y a pas de leader, mais le type qui faisait tourner le micro répétait au public "debout" régulièrement et sur un ton péremptoire de s'asseoir !
Lorsque, venu de la rue du Temple quelques soutiens sont venus avec des morceaux de palettes (sans doute pour allumer le barbecue du soir) les CRS se sont interposés créant rapidement un mouvement de foule pour aider les copains ... Les CRS ont laissé passer.
Il y a des commissions pour tout et aussi, souvent pour n'importe quoi. La commission "convergence des luttes", un classique là encore, a fait une intervention intéressante, mais qui semble assez naïve. Il s'agissait de savoir si le mouvement devait s'allier aux syndicats pour le 1er mai ??? Et espérer ainsi étendre la contestation "ce qui ferait trembler le pouvoir" !!!

Je n'ai pas pu m'empêcher de sourire, car sans doute suis-je blasé (ou un vieux c..), mais je ne crois pas que le système sera renversé par un mouvement aussi normé. Je ne comprends d'ailleurs pas pourquoi il se désolidarise de celles et ceux qui ont vandalisé les banques alentours, une concession automobile haut de gamme, ... et brûler quelques heures après mon passage une voiture de police. des symboles du capitalisme et l'autorité de l'état qu'ils veulent pourtant renverser ??? La révolution n'est pas un dîner de gala !
Ce mouvement est intéressant, et restera sans doute graver dans la longue lignée des mouvements de contestation depuis mai 68, à Occupy Wall Street en passant par les Indignados. Mais je doute qu'il renverse le pouvoir de celles et ceux qui planquent leur fric au Panama et utilisent à bon comme bouclier les politiciens qui ne sont que des marionnettes législatives (lois sur lesquelles ils s'assoient mais asservissent les peuples).
#NuitDebout est sans doute l'expression des changements qui s'opèrent de manière moins visibles / lisibles mais qui tend vers une société qui s'affranchie du centralisme, tente de relocalisé et rendre plus direct les échanges de services ... Il n'y a pas là une vision globale de l'intérêt général, mais les intérêts particuliers ne cherchent pas à subordonner les intérêts collectifs.
L'avenir du mouvement s'écrira sans doute après le 1er mai, s'il réussit vraiment à fédérer les énergies avec les syndicalistes ou s'éteindra avec des étudiants qui retourneront à leur chers examens ...